Label(s) : Dysphorie records
Année : 2003
Style : Neo-classique / Downtempo

 

La musique et l'image font bon ménage. L'aptitude que chacun a à se forger une imagination fertile et généreuse en émotions, se trouve souvent sublimée par la musique. Telle une bande-son, elle se sert de son pouvoir de suggestion pour faire naître une nouvelle dimension connue de tous et en même temps propre à chaque individu. Toutes les musiques, ou presque dispose de ce pouvoir. Mais certaines se veulent tout spécialement axées vers se genre de liberté créative. C'est dailleurs le but du jeu pour Effusions.... Provoquer la rêverie, la réflexion. Deliverance opte pour la dualité. Entre force contenue et harmonie emplie de sincérité, le ton est donné. Ici c'est la grandeur qui est recherchée. Très souvent construit autour des claviers et violons, l'univers sonore de tout l'album tourne autour d'un thème récurrent : La pureté. Lorsqu'elle n'ai pas entière et étendue comme sur Innocence perdue, on la retrouve plus évasive, presque interrogative et défiante pendant Ubris, jouant avec talent sur les montées et descentes incessantes, comme pour brisée le court du temps et ses certitudes. Fatum, plus solennel, demeure dans les tonalités graves parmis lesquelles se croisent violoncelles et piano, propageant une douce mélancolie qui n'est pas sans rappeler les travaux de Arcana. "Outrages", quand à lui, cherche la réaction. Les envollées classiques semblent marteler les minutes et attendre la confrontation. Plus moderne, Air propose une nouvelle vision accaparante, un nouveau souffle invitant au voyage. Basse, piano, rythme lent en soutien et ensemble de cordes rappellent au bon souvenir, Craig Armstrong ou Remanence. Puis, il est question de départ, sans retour. Les notes de piano s'égrainent comme les gouttes d'une pluie d'automne, s'écrasant sur le silence et l'impuissance. Tristesse, désespoir, mais aussi clairvoyance et combat, combat pour la lumière. Enmené par un downtempo sourd et imperturbable, L'adieu rêvé s'oppose en tout point à la chatoyance grandiose d'un Gravitée cendrée scintillant comme le cristal. Enfin, La nuit d'un autre temps offre à l'auditeur un hâvre de paix intérieure. Mélodie douce et beauté suggérée, malheureusement d'une durée trop courte pour se laisser approchée. En conclusion, Deliverance et sa sombre introduction Passage, achèvent d'envahir le subconscient. On retrouve alors le premier morceau de Effusions..., ici agrémenté d'une partie vocale en forme de diction, traitant de nuit puis de jour, de renaissance et de libération.
En conclusion, un remarquable travail de composition, qui tire ses racines dans le classique, mais aussi les B.O de films, visant à créer une sensation de profondeur et de relief et jouant sans cesse avec les sentiments.
Très franchement digne d'interêt en tout cas.
Chroniqué par Yragael

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